Cerise & le Hérisson Collectionneur
Cerise Marmelade, en pyjama marron et jaune, était assise sur sa terrasse, installée dans un lit de feuilles mortes, un plaid orange posé sur les pieds.
Dehors, l’automne avait commencé son grand rangement.
Les feuilles tombaient des arbres une par une, le vent les poussait dans les coins et les nuages avaient sorti leurs manteaux gris.
Cerise regarda son jardin.
— Enfin une saison où personne ne me demande de tondre les nuages.
Elle allait s’installer confortablement sous son plaid pour une petite sieste quand elle aperçut une petite silhouette familière devant elle.
C’était Hubert le Hérisson, qu’elle avait rencontré quelques jours plus tôt avec Dame Automne.
Mais aujourd’hui, Hubert avait quelque chose de nouveau.
Il portait un monocle, une écharpe orange et une valise remplie de feuilles mortes.
— Bonjour, Cerise, dit-il. Je collectionne les souvenirs d’automne.
Cerise baissa les yeux vers sa tasse de thé.
— Les miens sont un peu froissés.
— Parfait. C’est justement ce que je recherche.
Hubert ouvrit sa valise.
Dedans, il y avait :
Une feuille morte qui chantait : « Je me souviens » ;
Une autre qui pleurait en grec ancien ;
Une troisième qui faisait des claquettes dès qu’un courant d’air passait.
Cerise en prit une entre ses doigts.
— Celle-ci ressemble à ma semaine.
— Très belle couleur.
— Elle était verte lundi.
Hubert nota quelque chose dans un petit carnet.
— Intéressant. Une feuille à évolution émotionnelle.
Cerise sourit.
Puis elle lui tendit un souvenir.
— Le jour où j’ai confondu un coussin avec un amoureux.
Hubert l’emballa délicatement dans du papier bulle émotionnel.
— Très rare.
— Vraiment ?
— Absolument. En automne, les souvenirs deviennent plus sensibles.
Cerise prit une nouvelle gorgée de thé.
— J’en ai un autre.
— Je vous écoute.
— Le souvenir du yaourt qui voulait devenir astronaute.
Hubert referma aussitôt sa valise.
— Celui-là, je ne peux pas le prendre.
— Pourquoi ?
— Il risque de fondre pendant le voyage.
Cerise hocha la tête.
— C’est vrai. Il n’a pas encore son diplôme de cosmonaute.
Un grand coup de vent fit tourbillonner les feuilles dans le jardin.
Hubert resserra son écharpe.
Une feuille se posa sur son monocle.
Cerise éclata de rire.
— Voilà. Vous avez encore un souvenir.
Hubert sourit.
— Celui-ci, je le garde.
Il rangea soigneusement la feuille dans sa valise.
Puis il referma son carnet.
— J’en ai assez pour aujourd’hui.
— Tu vas où maintenant ?
Hubert désigna le grand tas de feuilles au fond du jardin.
— Là-bas. J’ai entendu dire qu’un souvenir très ancien s’y cache.
Cerise se redressa.
— Tu veux que je vienne ?
Hubert secoua la tête.
— Non. Celui-là pourrait être dangereux.
— Dangereux comment ?
Hubert regarda le grand tas de feuilles.
— Il paraît qu’il se souvient de tout.
À suivre…… peut-être.
Un éléphant a contacté Cerise pour publier ses aventures… Qui sait ?